Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du dimanche 17 juin

11ème dimanche du temps ordinaire
Les paraboles de l’Evangile sont un procédé pédagogique utilisé par Jésus pour faire entendre la Parole de Dieu. Le message est plus ou moins clair pour l’auditeur selon l’attachement qu’il a avec lui, Jésus. On voit dans l’Evangile de ce dimanche que, à part de la foule, Jésus approfondissait avec ses disciples dans un entretien particulier. Aujourd’hui nous avons le récit de 2 paraboles, l’une sur la semence qui germe et qui grandit sans que le semeur y soit pour quelque chose et l’autre à propos de la graine de moutarde qui devient une plante potagère qui pousse de longues branches. Allons-nous en rester ce matin à une gentille image bucolique, à une écologie simplement environnementale ou arriverons-nous à l’aide de ces images à nous demander ce que peut bien être le règne de Dieu dont Jésus parle en faisant appel à la pousse des plantes et aux oiseaux qui y font leur nid.
Le règne de Dieu : ne s’agit-il pas en fait du règne de l’existence, l’existence qui se manifeste dans la vie humaine qui commence comme une petite graine dans le ventre d’une maman mais également à travers la fécondité du terrain, l’humus et tous les autres éléments nécessaires à la croissance et à la maturation. Dans ce monde de plus en plus fabriqué, connecté, artificiel, on en arrive à oublier ce qui est à l’origine, à la base : l’élémentaire. Quelquefois, la nature nous ramène brutalement à la réalité avec les catastrophes, les inondations, le réchauffement climatique, mais c’est là le revers du constat merveilleux que nous pouvons faire de l’univers de vie dans lequel nous évoluons. C’est La semence ou le plant qui sous l’effet de la lumière et de l’eau se nourrit de la terre et produit fleurs et fruits et feuillages. C’est la petite graine qui, couvée par des parents, prend la forme d’un corps qui s’anime, grandit et s’épanouit. Oui, le règne de Dieu est le règne de la vie qui se manifeste tout bonnement dans l’air que nous respirons, à travers les activités que nous déployons pour aménager notre maison commune, la terre où nous habitons, et encore avec les relations que nous tissons entre nous constituant ainsi le grand arbre généalogique de l’humanité.
Ce foisonnement ne tient pas son existence de notre intervention. Certes, nous pouvons l’entraver par des négligences, des destructions, des violences, des blocages, des résistances mais nous ne sommes pas, nous les humains, en mesure d’anéantir le règne de la vie même si les hommes ont les capacités de détruire la Terre. Jésus nous révèle que le principe vital est à l’œuvre quoi que nous fassions, que nous dormions ou soyons debout. Il est en vous, il est en tous, bien caché parfois mais tout de même présent. Ce principe vital c’est l’amour qui est le premier et l’unique cause de l’existence. Que l’on fasse preuve d’élans de générosité ou que l’on soit assoupi dans l’indifférence aux autres, dans l’égoïsme, l’amour fait son chemin et un jour il n’y aura plus que le règne de l’amour. Voilà le fond du message de Jésus : il y a une destinée de l’humanité et de l’univers : c’est le Royaume de Dieu, le règne de la civilisation de l’amour et lui, il donne sa vie dans cette intention pour ses frères en humanité.
Nous, les disciples de Jésus, qui sommes dans sa confidence, nous ne pouvons pas être comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Certes, comme le disait dans la 2nde lecture l’apôtre Paul, nous cheminons encore dans la foi, non dans la claire vision. Mais notre ambition est de chercher à vivre déjà de ce qui nous attend et qui est déjà déposé en graine dans notre existence terrestre. Le règne de Dieu, le règne de l’amour, est en nous comme il est en tout être humain. Et il est en gestation dans l’univers. Il nous est offert à nous que Jésus a choisis pour être ses amis sur la terre d’en porter témoignage, d’être les branches hospitalières où peuvent venir se nicher les êtres en mal de bonheur.
Alors deux questions à nous poser concernant le règne de Dieu dont nous parle Jésus avec les 2 paraboles de la semence qui se développe. Quels moyens prenons-nous pour que la Bonne Nouvelle du Royaume de l’Amour qui est en Dieu grandisse et s’épanouisse en nous. Quelle nourriture lui donnons-nous à cet amour ? Quelle disposition de tout notre être lui offrons-nous ? Quel terrain favorable ? Première question. Deuxième question : quel enthousiasme mettons-nous à développer les ramifications d’une vie relationnelle ouverte à une fraternité toujours plus universelle ? Avons-nous vraiment envie que le bonheur se propage au point d’en devenir contagieux par la frondaison qui s’épanouit et doit se lire sur nos visages de la belle et jolie plante qu’est l’espérance ?