Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du dimanche 2 septembre

Homélie
« Au moins c’est clair ! Il n’y a pas à hésiter : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure sont à bannir. Ce n’est pourtant pas les tentations qui manquent. De notre cœur arrivent à sortir des pensées perverses. En fait, nous avons quelque peine à ne pas tourner le dos aux commandements de Dieu qui, souligne Jésus, s’ordonnent autour du « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Si le cœur de l’homme ne cherche pas à se mettre au diapason du cœur de Dieu, toutes sortes de dérive le guettent. Aujourd’hui, par les temps qui courent, il nous apparaît clairement qu’un monde sans foi ni loi est un danger qui menace notre sécurité quotidienne. A force de développer l’individualisme, les règles de simple politesse, de convenance, de civisme n’exercent plus leur rôle de frein au désordre et n’entraînent plus la moindre paix sociale dans les relations de voisinage. Le recours à la pure discipline ou à la contrainte n’est pas plus efficace. Par exemple, l’enfermement dans des maisons d’arrêt ne prépare pas particulièrement à s’acheter une bonne conduite. C’est vraiment de conversion des cœurs que le monde a besoin. Les lois sont nécessaires mais pas suffisantes. Que nous soyons orientés nous les chrétiens par les commandements de Dieu pour notre conduite et que tous, croyants ou non, nous soyons guidés par le respect de la morale, il nous faut pousser plus avant. Il nous faut reconnaître que ce n’est pas les règlements mais seulement le souci de tenir compte des autres qui peut rendre la vie commune possible, confortable et même agréable.
Il est éclairant et fort le message de l’apôtre Jacques : « devant Dieu, notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse et de se garder sans tache au milieu du monde ». Le comportement religieux pur et sans souillure n’est pas dans une pratique rituelle tatillonne et plus ou moins démonstrative, il est dans l’accueil attentif de la Parole de Dieu et de sa Loi d’Amour, nourriture que nous venons chercher à la messe pour la mettre en pratique. Et se garder sans tache au milieu du monde, c’est bien plus que des questions de pureté, c’est ne pas se laisser piéger par les tentations de fermer notre cœur. Nous trouverons toujours de bonnes raisons pour limiter nos gestes de partage, pour faire le choix de rencontrer untel plutôt qu’un autre qui ne nous revient pas, pour brider nos élans de générosité. Eh bien ayons la lucidité de penser qu’en mettant ainsi des restrictions à notre ouverture à tous, nous faisons de l’ombre à la lumière qui est en Dieu, qu’il y a encore bien des impuretés, du mal qui vient de notre pauvre cœur. Mais plutôt que de nous décourager, que de dire « a quoi bon se battre », redonnons-nous au contraire du cœur à l’ouvrage en nous redisant que le monde a besoin de gens comme nous qui osons croire que l’important c’est d’aimer et que l’ambition de l’homme doit être d’aimer à la manière dont Dieu, le Père des lumières, nous aime. En ces jours de rentrée, commençons par accueillir tout ce que notre Père nous donne. « Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ». écrit encore Saint Jacques. Bénir les cartables que, vous les jeunes, vous avez apportés c’est en fait appeler la bénédiction de Dieu sur vous qui redémarrez un cursus scolaire-étudiant et, au-delà de vous, la reprise d’activités, une année nouvelle pour tous et pour chacun. Dieu n’arrête jamais de semer le bien en toute personne. Cela nous fait du bien de prendre au mot sa Parole , de penser qu’il nous dit : « je t’aime bien », il nous bénit nous qui lui offrons notre nouvelle année. Les jours de rentrée sont aussi des moments de relance ou de nouveauté, de mise en route de projet, de départ pour une nouvelle étape. Que ce soit pour soi personnellement ou encore également pour une équipe, une communauté, une paroisse, l’heure est à la mobilisation. Aimer, c’est donner. Toute reprise, tout redémarrage peuvent devenir des occasions d’énergies nouvelles. Quelque soit notre génération, l’avenir est devant nous puisqu’il est à aimer. A nous de décider que nous ouvrons une nouvelle page et que nous voulons l’écrire avec comme en tête la Parole de Jésus citée par Saint Paul : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ».
Puissions-nous en cette nouvelle année pastorale, par notre comportement entre nous et à l’égard des autres, captiver l’attention sur une Eglise qui, au lieu de se faire remarquer par des scandales, se manifeste comme un Peuple ardent à faire le bien et à faire du bien.