Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

homélie du dimanche 4 novembre

31ème dimanche du temps ordinaire année B
« Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ». Le Royaume de Dieu, c’est ce que nous nous sommes plu à évoquer jeudi dernier par la fête de la Toussaint. Nous espérons un avenir qui est en Dieu et le bonheur de la communion des saints est commencé pour nous. Nous sommes en chemin vers le rassemblement joyeux dans une civilisation de l’amour pour toujours. Nous aussi, comme le scribe de l’Evangile, nous ne nous trouvons pas loin du Royaume de Dieu dans la mesure où nous adhérons aux commandements. En ce dimanche, le message a le mérite d’être simple et clair. Qui de nous, ne souscrirait pas à l’acquiescement à la réponse de Jésus concernant le plus grand de tous les commandements ? Une adhésion qui est double : aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force et aimer son prochain comme soi-même. Là est l’essentiel du culte à rendre à Dieu, l’Unique révélé par Jésus. Tout est donc parfait puisque nous sommes en accord. Oui, sans doute, sauf que la mise en pratique sera toujours à continuer et que cela demande de la persévérance. La fidélité n’est pas des plus encouragée dans notre monde d’aujourd’hui. Garder du temps pour Dieu personnellement prendre le temps de venir le rencontrer régulièrement avec d’autres dans une célébration communautaire ? Assez facilement, nous trouvons de bonnes excuses à ne pas le faire en constatant tout autour de nous l’abandon de la pratique religieuse et en nous laissant accaparer par un tas de sollicitations qui passent avant les choses de Dieu. Prendre le chemin des autres qui sont tous des visages où Dieu se laisse rencontrer, regarder chacun dans sa dignité d’enfant bien-aimé du Père ? Là encore, il n’est pas évident d’oser prétendre et soutenir que tout homme est une histoire sacrée alors que grandit l’approbation populaire du rejet des étrangers, du recours à l’euthanasie, à l’avortement. Il faut ajouter que si vous sommes en droit de déplorer que des lois humaines portent atteinte au respect sacré de la vie, nous devons aussi pratiquer l’amour du miséricorde pour les législateurs et les militants qui transigent avec le respect de la vie, ne jamais juger les personnes qui ont à nos yeux un comportement coupable. Être fidèle au double commandement de l’amour de Dieu et du prochain nous demande d’être des inconditionnels du pardon. D’autant plus, j’allais dire, que nous les premiers nous ne pouvons pas prétendre ne pas avoir à être pardonnés. Rappelez-vous la première déclaration de notre pape François sitôt son élection où il disait en substance : « priez pour moi qui suis un pauvre pécheur ». Oui, n’arrêtons jamais de continuer à aimer les autres malgré tout et développons en nous l’humilité d’admettre que nous avons encore bien du chemin à parcourir avant d’aimer Dieu et notre prochain en vérité dans l’esprit de l’Evangile. La qualité de notre amour n’est pas à apprécier en termes de performance mais en fonction de la joie qu’il nous procure. Plus nous accueillons d’être aimés, plus nous ressentons qu’il fait bon vivre. Ce souffle qui nous fait respirer invite la plupart d’entre nous à nous réjouir de notre naissance comme le cadeau que l’amour d’un papa et d’une maman nous a fait et même ceux qui ont plus de peine à avoir un tel sentiment du fait d’une situation douloureuse peuvent partager avec tous ici la reconnaissance joyeuse qui, si nous existons, c’est parce que quelqu’un nous aime qui est le créateur de la vie. Se savoir aimé de Dieu nous met du baume au cœur, un sentiment à toujours faire grandir : abandonnons-nous entre les mains de Dieu, laissons-nous aimer par lui : nous y rencontrerons la sérénité et une joie profonde. Et puis livrons-nous : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie. Dieu, l’Unique, n’est que don tellement il nous aime. Et son amour est contagieux. Il ne nous est pas possible de nous priver d’aimer. Nous ne pouvons pas vivre, nous ne pouvons pas nous réaliser autrement qu’en aimant à notre tour de tout notre cœur, de toute notre intelligence, de toute notre force, en aimant Dieu, en aimant notre prochain. Notre identité dans le Royaume elle est là toute simple toute concrète : il suffit d’aimer. Qu’avons-nous souligné en nous réunissant pour fêter la Toussaint ? Qu’ils sont heureux ces hommes et ces femmes, ces gens qui ont vécu du mieux qu’ils ont pu l’ordinaire de chaque jour et qui ont passé leur existence sur la terre à toujours essayer de mieux aimer. Ce matin, ils font résonner pour nous et en nous le double commandement de Jésus qui ne se présente pas comme un ordre auquel se soumettre mais comme une évidence qui s’impose si l’on veut être heureux. « Demeurez dans mon amour, si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour. « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie »