Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Solennité du Christ Roi

Solennité du Christ roi
Homélie
Année B 2018

Nous avons quitté le vert, nous nous dirigeons vers le violet et, aujourd’hui, c’est jaune… ou blanc.
Je parle, bien sûr, des couleurs liturgiques puisque la semaine dernière, nous étions dans le temps ordinaire dont la couleur liturgique est le vert, dimanche prochain, nous entrerons en Avent et, aujourd’hui, solennité du Christ roi, nous revêtons les habits de fête, jaune ou blanc. Cette couleur jaune revêt évidemment pour nous Français une symbolique particulière en ces jours troublés où s’exprime fortement une colère sourde, ancienne de parties de populations qui se sentent délaissées, inécoutées et, pire, dédaignées. Cette tension débouche sur une autre couleur, plus dramatique, le rouge qui symbolique le sang, signe de violences.
Violence qui peut être celle de gilets jaunes, de blacks blocs noirs, d’anarchistes rouge et noir, de nouvelles chemises brunes mais aussi celle presqu’in colore de systèmes de production, de consommation (le black Friday de vendredi dernier !!!), de relations qui conduisent en France un jour sur deux un agriculteur à se suicider dans un silence presque total, de nombreuses couples à divorcer parce que la tension sociale nourrit la violence domestique ou que le chômage, la pauvreté ébranlent la sécurité économique et affective dont nous avons besoin…
Dans cet environnement assez noir, en tout cas, pas très rose, l’Eglise nous place aujourd’hui devant un homme vêtu de pourpre, couleur royale.
Un homme méprisé, familier de la souffrance disait Isaïe, un innocent injustement condamné comme peuvent l’être certains de ses disciples aujourd’hui, telle Asia BIBI au Pakistan.
Cet homme, c’est le Fils de l’homme descendu du ciel selon la vision du prophète Daniel, c’est Celui à qui nous rendons tout honneur, louange, gloire et action de grâce selon l’Apocalypse. Cet homme, c’est notre roi, Jésus-Christ, Jésus de Nazareth, fils de Dieu qui vient nous sauver au milieu de toutes nos détresses et difficultés.
Il est venu pour rendre témoignage à la vérité. Vérité que l’on peut accueillir, écouter, à laquelle nous pouvons adhérer si nous nous offrons à Lui qui est le Chemin, la vérité et la vie.
Vérité qui s’offre à nous comme un choix et une démarche profondément personnelle qui exige radicalement ma liberté et mon investissement personnel. En effet, le Christ me pose la question me pose la même question qu’à Pilate. Quand je proclame ma foi en Jésus roi de l’univers, est-ce que je le dis de moi-même ou parce que d’autres (me) l’ont dit de Lui ? Suis-je un perroquet ou ai-je fait vraiment une rencontre personnelle avec Lui ? Ou, à tout le moins, ai-je le désir de cette rencontre ?
Jésus est bien roi, mais pas à la manière de notre monde. Son royaume ne sera jamais pleinement établi sur notre planète. C’est un royaume qui est le fruit gratuit donné par Dieu de la lente germination de notre conversion personnelle. C’est un royaume pour changer le monde. D’ailleurs, comment changer le monde ? Si vous n’aviez qu’une seule chose que vous vouliez changer pour que le monde soit plus beau, que choisiriez-vous ?
Je vous propose deux réponses, l’une d’une sainte et l’autre d’un sage.
La première est de mère Teresa : si tu veux changer le monde, change-toi toi-même ! Tu n’as pas de prise sur les autres, sur la société, etc. Mais sur toi, tu as prise !
La seconde est de Confucius : pour changer le monde, le plus important est de redonner un même sens aux mots. Tant de souffrances et de maux viennent de désaccords sur le sens des mots !
Voilà deux étapes sur le chemin de la vérité dont Jésus nous dit qu’Il est venu pour lui rendre témoignage et que c’est en cela que consiste Sa royauté.
Le pape François, dans son encyclique Laudato Si, nous donne une clef essentielle pour appréhender ce qu’est la vérité avec trois mots simples unis les uns aux autres : « tout est lié. »
La défense de la vie depuis la conception, la générosité dans l’accueil de la vie, la défense de la famille comme berceau de croissance de l’enfant, la juste rétribution du travail en promouvant une culture du travail mieux rétribué que des allocations sociales de soutien aux personnes en difficulté, la défense de l’environnement, le soin accordé à la vie fragile, que ce soit par le handicap ou la vieillesse… Tout est lié !
Puisse ce jour de fête et la Parole de Dieu nous aider à cheminer sur ce chemin de vie et de vérité.