Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

3ème dimanche de l’Avent C

3ème dimanche de l’Avent C
Merci, Jean-Baptiste, de nous provoquer ce matin à nous poser la question : « Que devons-nous faire ? » et de nous inviter ainsi à ne pas en rester aux intentions, à ne pas nous contenter de belles déclarations. Il n’y a pas à dire, il y a des choses à changer ! Changer notre approche de la vie : ne pas nous accrocher au seul pouvoir d’achat mais faire du partage avec ceux qui n’ont pas le minimum un engagement prioritaire et plus largement faire du partage en actes notre façon d’être. Changer également la nature de nos relations : ne pas nous satisfaire de les limiter à des liens du sang et avec celles et ceux qui nous ressemblent : de notre milieu, de notre catégorie sociale, de notre appartenance religieuse, politique. Mais engager concrètement le contact avec le voisin inconnu, l’autre avec lequel tout paraît nous opposer, l’étranger, le laissé pour compte sans oublier de tout tenter pour renouer les relations de famille distendues, abîmées ou cassées. Changer de style de vie et de comportement social pas simplement pour le plaisir de changer ni même pour l’effort de changer mais bien pour faire avancer la justice et la paix, pour inventer un monde plus beau et redonner un peu le sourire à notre société qui se meurt de son individualisme, de son égoïsme et de son nombrilisme.
Si chacun de nous ici se met résolument à agir dans le sens du partage et de l’ouverture aux autres, nous ne constituons plus alors une foule anonyme de ruminants accros de la consommation, ni un troupeau avec des dominants et des dominés ne pensant qu’à assurer sa sécurité dans un modus vivendi accepté, ni une masse informe ne se voyant pas d’autre avenir que de savoir profiter du moment présent. En nous mettant à l’œuvre pour donner par nos actes de la dignité à toute personne rencontrée et par là même nous montrer dignes de ce que nous sommes nous-mêmes, des femmes et des hommes qui ont du cœur, nous devenons comme les foules qui venaient se faire baptiser par Jean, non plus un magma informe mais un peuple qui se tient dans l’attente. Une attente qui, pour nous aujourd’hui, est comblée par la reconnaissance que notre monde tient son Sauveur. Il est venu, désigné par Jean à ses disciples : Jésus le Christ, le Messie attendu. La Bonne Nouvelle, elle est là nous l’avons en sa personne de Fils de Dieu qui s’est engagé dans l’existence humaine partageant les conditions de vie de son époque, dans la société où il est né et pratiquant dans le concret des relations qu’il lui était donné d’avoir. Une histoire toute ordinaire où il met tout son amour, l’amour de Dieu. Cette histoire serait-elle trop simple pour ne pas paraître essentielle ? Jésus n’a pas commencé par parler, il a vécu, il a agi et il n’a montré que de l’amour en actes jusqu’à se donner corps et cœur jusqu’au bout. Et il s’est employé à faire comprendre qu’en lui tout entier donné est le salut du monde. Dans notre foi, en sommes-nous encore seulement à de bonnes résolutions à tenir, à simplement obéir aux invitations de Jean à un changement de conduite, de comportement, et à le signifier par un baptême avec de l’eau. Ou bien, plus profondément, avançons-nous dans la confiance que Jésus est à l’œuvre en nous avec la force de son amour sans mesure pour nettoyer toutes les scories que nous laissons encombrer notre cœur, pour brûler et consommer tous ces fils qui nous attachent à ce qui n’est pas vital, tous ces filets mortifères qui nous étouffent. Baignons-nous avec délectation et émerveillement dans le baptême chrétien par lequel nous sommes entrés, pour nous laisser emporter par le courant d’amour qui jaillit comme des fleuves d’eau vive du côté du Christ, le Sauveur du monde !
Sommes-nous des hommes et des femmes non seulement baptisés dans l’eau mais baptisés dans l’Esprit Saint et le feu ? En une formule : nous exposons nous en vrai à nous laisser inonder par l’amour de Dieu pour être tout feu et tout flamme ? Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons produire les fruits qui sont ceux de l’Esprit et qui se traduisent par des actes emplis de bienveillance et de bienfaisance. Aujourd’hui, en réponse aux inquiétudes légitimes devant la crise que nous connaissons, nos évêques nous invitent à apporter notre contribution pour aider notre société tout entière à surmonter la crise qu’elle traverse. Ils nous proposent de susciter dans les paroisses des groupes d’échanges et de propositions. Allons-nous passer aux actes ? Prenons des initiatives et n’hésitons pas à élargir cette offre de réflexion à d’autres personnes au-delà de nos petits cercles de chrétiens. Plus que jamais osons des gestes de fraternité, de rapprochement. Nous serons ainsi fidèles à notre baptême chrétien en insufflant le désir de se rencontrer pour partager et en attisant la flamme de s’aimer pour échanger en vérité et en profondeur. A nous d’être des allumeurs de feu ! Non pas le feu qui entretient la violence et occasionne des dégradations mais le feu sacré qui inspire le respect ce qui est inscrit au cœur de la vie. Il n’y a pas de naissance possible sans au moins un peu d’amour et Dieu lui-même a pris naissance humaine. Il n’y a pas d’existence possible sans au moins un peu de dialogue et Dieu entre en dialogue avec la terre par Jésus le Verbe fait cher. Il n’y a pas d’avenir possible sans au moins une recherche active d’une plus grande fraternité et Dieu nous fait la promesse de la venue d’un Royaume de justice et de paix. Ne cédons pas au désespoir. Activons-nous pour le Royaume et préparons-nous à bientôt chanter tous son avènement.