Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

8ème dimanche du temps ordinaire C

8ème dimanche du temps ordinaire C
Entendre parler de coeur et de trésor, voilà un message qui nous rejoint tous au plus profond de notre être. Qu’avons-nous de plus précieux sinon notre coeur, un organe vital en même temps que le foyer de nos élans et de nos sentiments. Le cœur peut nous jouer des tours et pas forcément par un infarctus quand, par exemple, il nourrit une animosité, il entretient de la rancune, il ne supporte plus une relation devenue difficile. Mais aussi, le cœur ensoleille notre existence quand nous connaissons le grand amour, quand la tendresse est au rendez-vous et même quand nous souffrons de la disparition d’un être cher : au milieu de nos larmes brille la lueur de l’espérance de retrouvailles. Ce qui est ainsi l’expérience que chacun fait à partir du moment où il apparaît à la lumière du jour jusqu’au moment où il va être arraché à l’affection de ses proches, de quoi peut-elle bien porter le signe et comment s’y tenir pour notre plus grand bénéfice ? Aimer c’est en fait réaliser que d’abord et avant tout nous sommes les fruits de l’amour. Nous tenons notre coeur d’un Créateur, pas simplement de nos parents procréateurs mais de celui sans qui rien n’existe et qui a voulu faire exister l’univers comme relations, relations qui s’expriment par le langage de l’être humain fait à l’image de Dieu.
La Création pour un chrétien c’est le dialogue initié par le coeur de Dieu qui offre son alliance et attend de chacune et de chacun de nous le oui qui est inscrit au plus vrai de son coeur : « l’homme bon, du bon trésor de son coeur, tire le bien ». Et sans doute faut-il avoir l’audace d’affirmer qu’aucune personne humaine n’est foncièrement mauvaise !
Plutôt que de regarder avec insistance et reproche la paille qui est dans l’ceil de l’autre, débarrassons-nous de nos classements, de nos jugements, de nos critiques. Désencombrons-nous de tout ce qui nous aveugle, la poutre dans notre oeil qui nous empêche de voir ce qu’il y a de bon, de beau, de bien chez l’autre. Lui aussi est créé par la bonté de Dieu. C’est trop souvent moi qui l’enfonce dans son mal en ne faisant rien, bien au contraire, pour qu’il laisse s’exprimer le meilleur qui est en lui. Comme le disait Baden Powel, fondateur du scoutisme "dans le pire des mécréants, il y a au moins 5 % de bon". Et c’est l’apôtre Paul qui affirme dans un passage de sa Îère lettre aux Corinthiens, souvent choisi pour la célébration chrétienne du mariage, précisant bien d’abord que la bonté est le don que Dieu fait à tout être humain dans sa création : « l’amour ne se réjouit pas de ce qui est mal mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai, il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout ».
La bonté que nous souhaitons de développer lorsque l’on crée une relation en couple en famille avec des amis. La bonté que l’on expérimente et que l’on fête avec des anniversaires de mariage, mais aussi de naissance, avec des pots de l’amitié, cette bonté n’est pas une performance mais le fruit de l’amour qui est déposé dans notre cœur de la conception jusqu’à notre mort, avec la conviction insensée et folle de désir : l’amour est "impérissable", comme l’écrit toujours l’apôtre Paul dans sa lettre aux Corinthiens. En même temps que Dieu nous fait cadeau de la vie, il nous donne son amour. Vivre c’est aimer et aimer c’est vivre une vie de ressuscité. « Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ ».
Parler de victoire c’est reconnaître que le don de Dieu ne s’arrête jamais, que le don est pardon, don sans mesure et pour toujours. C’est de cet amour que nous sommes appelés à vivre et nous sommes bien conscients que nous avons encore du chemin à faire et qu’il en sera ainsi jusqu’à notre dernier souffle. Comment nous y prendre pour ne pas être, comme nous met en garde l’évangile de ce dimanche : un arbre pourri qui ne peut pas porter de bon fruit ? Eh bien déjà en faisant comme aujourd’hui : en venant à la source de l’amour qui est Dieu et qui ne se tarira jamais. Et aussi en accueillant de nous laisser surprendre et provoquer par la question que l’autre, tout autre est pour moi. Chacun ici me renvoie la question : "Jean-Yves m’aimes-tu ?". J’ai besoin - chacune-chacun a besoin - de creuser profondément en soi-même, de cultiver son coeur, de faire oeuvre d’entretien et de persévérance dans le don de soi-même. "Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même". Cela tombe bien, le Carême arrive, un temps pour nous remotiver ! pour nous dynamiser encore davantage.
Mort où est ta victoire, NON, ce n’est pas la mort, c’est l’amour qui gagne