Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Il était une fois un nouveau projet pastoral...

Il était une fois un nouveau projet pastoral…

… qui avait besoin d’aide pour se construire. Il appâta donc ses proies avec de bonnes odeurs de croissants et quand elles furent bien rassasiées et souhaitèrent s’en retourner dans leur foyer, il leur dit (en essayant d’avoir l’air effrayant) : « Vous ne passerez pas cette porte tant que vous ne m’aurez pas donné toutes vos idées ! ». Les pauvres petits paroissiens, apeurés et complètement perdus, se demandaient s’ils avaient bien fait de se lever si tôt pour succomber à leur gourmandise. Mais il n’était plus temps de faire une sieste digestive, il fallait phosphorer !

Vous vous doutez bien que ça ne s’est pas exactement passé comme ça, mais il y avait quand même des croissants. Ensuite les membres de l’équipe d’animation paroissiale (EAP) nous ont expliqué ce qu’était un projet pastoral et en particulier le nouveau projet. Je vais donc essayer d’en faire un résumé ici :

Un projet pastoral (« pastoral » car il prend source dans les faits, gestes et paroles de Jésus pasteur) c’est un chemin sur lequel la paroisse s’engage pour les 5 années à venir, ça ne veut pas dire qu’on abandonne tout ce qui a été fait jusque-là mais une nouvelle orientation est choisie pour qu’elle corresponde mieux à ce dont la paroisse a besoin pour grandir (pas seulement dans le sens « qu’il y ait plus de paroissiens » mais aussi dans le sens « que chaque paroissien grandisse »). Le projet pastoral permet d’accorder une plus grande importance à certains aspects de notre vie de chrétiens et d’y travailler ensemble. Son but est aussi de nous donner des objectifs concrets à vivre en communauté (c’est pour ça qu’on a besoin de vos multiples idées d’actions concrètes). Ce n’est pas quelque chose à ajouter à tout ce qui est déjà fait sur la paroisse, c’est une dynamique qui englobe toutes les actions qui y sont menées.

Le dernier projet pastoral remonte à 2003. L’accent était alors mis sur trois aspects :

  • l’annonce de la parole
  • la prière et les sacrements
  • le service

Cela s’est traduit par quatre orientations précises :

  • la communion entre Carquefou et Sucé (parce que ça ne faisait pas longtemps que c’était devenu une seule et même paroisse)
  • la coresponsabilité (car tout chrétien, de par son baptême est appelé à devenir un membre actif de la communauté chrétienne)
  • l’ouverture (notamment la capacité de la paroisse à entrer en dialogue avec d’autres qu’elle-même – journal Entre deux rives – et avec les personnes blessées par les difficultés qui frappent leur existence – création d’un pôle solidarité)
  • l’initiation aux sacrements, à la catéchèse (pour les enfants comme pour les adultes)

Le projet qui est aujourd’hui en train d’être bâti est un travail mûrement réfléchi (ça fait déjà au moins 1 an que l’EAP travaille dessus) et il ne sort pas de nulle part. Le Pape a écrit une encyclique, Evangelii Gaudium  [1] (la joie de l’Evangile) dans lequel il invite les catholiques à un nouveau souffle missionnaire. Dans cette lignée, Mgr James a ensuite écrit un texte, Une audace nouvelle pour annoncer la parole  [2], et a demandé aux paroisses du diocèse de réfléchir à un nouveau projet pastoral.

L’EAP s’y est donc attelé et a décidé de faire reposer ce projet sur cinq essentiels de la vie chrétienne, que l’on retrouve dans les Actes des Apôtres écrits par saint Luc :

  • Formation
  • Fraternité
  • Prière
  • Compassion
  • Évangélisation

« Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. » (Actes des Apôtres 2, 42-47)

Le Père Guillaume a alors expliqué que chacun de ces fondamentaux était indispensable, qu’il fallait tous les vivre et pas en choisir un ou deux. On a eu le droit à une petite comparaison avec le XV de France puisqu’apparemment quand il est en crise, les entraîneurs ne cessent de répéter « il faut revenir aux fondamentaux ». L’Église c’est pareil (sauf qu’on n’a pas un ballon ovale mais une croix et qu’on essaie d’éviter de donner un coup de pied dedans) : en crise, elle doit revenir à ses fondamentaux. Le Père Guillaume a ensuite donné une petite explication pour chacun de ces fondamentaux mais comme je n’ai pas tout écrit et que je n’ai pas une mémoire d’éléphant, je vous retransmets seulement ce que j’ai noté ou ce dont je me souviens :

La formation : pour que l’on apprenne toujours à mieux comprendre la parole de Dieu et parce qu’on ne finira jamais de l’approfondir

La fraternité : nous ne nous sommes pas choisis, mais on est tous frères et sœurs et il nous faut vivre comme tel

La prière : pas seulement la messe mais aussi toutes les formes de prières (la prière personnelle, la prière en couple, la louange…)

La compassion : la compassion envers l’autre, il s’agit de mieux nous connaître les uns les autres pour mieux pouvoir partager (mais ça n’est pas le communisme non plus). Le partage est le signe visible de l’amour du Christ qui nous unit.

L’évangélisation : la phrase « le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés » montre bien que lorsque l’on est faible, on peut toujours compter sur l’Esprit Saint pour nous donner de la force ; dans ce passage, ce ne sont pas les disciples qui vont chercher de nouvelles personnes, c’est Dieu lui-même qui les amène vers eux.
Par ailleurs, la finalité de notre foi c’est que l’on soit sauvé. Il nous faut donc admettre que l’on a besoin d’être sauvé, sinon il n’y aurait aucune raison pour que Jésus soit mort sur la croix. C’est en reconnaissant que l’on est pêcheur et que l’on a besoin de Dieu pour nous sauver, qu’il est indispensable, que l’on peut devenir missionnaire (car si on considère qu’on peut être sauvé même sans Dieu alors il n’est pas indispensable pour nous d’aller parler de Dieu à d’autres -> ça fonctionne un peu de la même manière que l’écologie même si c’est à une toute autre échelle :

  • si on prend conscience qu’avec nos modes de vie actuels on est foutu, on a très envie de changer les choses et donc on en parle autour de nous pour que ça change ; mais si manger bio et végétarien est juste une manière sympa de vivre alors on n’a pas besoin d’aller convaincre d’autres personnes de faire la même chose puisque ça ne nous paraît pas indispensable
  • -> de la même manière, si on prend conscience que sans Dieu on est foutu, on a très envie de sauver les autres et donc on en parle autour de nous pour qu’ils soient sauvés.)

Ces 5 fondamentaux permettent de nourrir 4 orientations concrètes pour la paroisse :

  • L’accueil : envers les nouvelles populations de Carquefou mais aussi les uns envers les autres dans la paroisse
  • La communion : au sein de la paroisse pour que nous priions, grandissions et vivions ensemble malgré (et grâce) à nos différences
  • La conversion : de nos manières de vivre pour être des « témoins plus crédibles du projet d’amour de Dieu pour l’humanité », cette conversion peut se manifester par des actions de justice envers les pauvres, d’engagement pour la société, une plus grande préoccupation pour la nature, la prière, le silence, la contemplation
  • La gratuité, la Grâce : « promouvoir une culture de la générosité, de la gratuité, du service »
    (pour avoir plus d’info sur ces quatre orientations et sur le projet en général, n’hésitez pas à prendre le dépliant de ce projet pastoral que vous pourrez sûrement trouver aux portes des églises)

Après toutes ces explications, on a réfléchi en petits groupes à ce qui nous plaisait et ce qui nous plaisait moins/qu’on ne comprenait pas/qui nous mettait mal à l’aise dans le projet. Puis, on a écrit sur des papiers toutes les idées qui nous venaient à l’esprit pour mettre en place ce projet. Et ces idées, on peut continuer à les écrire sur des papiers et à les glisser dans les boîtes à idées qui sont dans les églises jusqu’à la messe de rentrée en septembre.

Quelques exemples d’idées :

  • Continuer dans la lancée du Carême pour mener des actions dans le cadre de Laudato Si
  • Organiser des temps d’initiation, d’explication de l’Évangile avant la messe
  • Afficher les lectures et l’Évangile sur les écrans de l’Église

Alors n’hésitez surtout pas à donner vos idées ! (à moins que le fonctionnement de la paroisse vous semble si parfait qu’il vous donne envie d’aller à la messe tous les dimanches ET tous les jours de la semaine…)

[2Une audace nouvelle pour annoncer la parole