Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie Lundi 11 novembre

Homélie 11 novembre 2019
Dans le cadre du rassemblement Talenthéo.

« Et maintenant, que vais-je faire de ce moment que j’ai vécu ? Et maintenant, qu’allons-nous faire de tous ces dons que nous avons reçus ? »
ce sont deux questions que nous pouvons nous poser à l’issue de ce rassemblement. Nous allons quitter ce lieu qui a été si bien préparé, décoré pour rejoindre nos maisons, nos familles, notre travail, notre vie de tous les jours. Et Talenthéo pourra devenir un vieux souvenir un peu encombrant ou alors réjouissant. Dans ce quotidien, qu’allons-nous trouver ?
Nous allons rencontrer des personnes qui cherchent Dieu avec un cœur simple, des personnes de bonne volonté auprès desquelles il nous faudra être comme des sages-femmes délicates, bienveillantes qui aident à donner la vie, pour les enfanter à la vie de fils et de fille de Dieu.
Nous allons rencontrer des gens qui refusent de croire en Dieu et qui entretiennent des pensées tortueuses sur Lui. Auprès d’eux, il nous faudra témoigner par une patience miséricordieuse et aussi une fidélité dans notre droiture de vie.
En effet, « l’Esprit Saint fuit l’hypocrisie. » Nous sommes donc placés devant notre responsabilité de témoigner du Christ, de Son Amour pour l’humanité par une cohérence de vie grandissante. Si nous ne prenons pas au sérieux cette invitation, nous risquons d’être de ceux par qui « surviennent des scandales. » Et Dieu sait, vous savez, nous savons combien les scandales qui assaillent l’Eglise sont un puissant frein à la mission. Blesser un petit, c’est grave ! Le scandale blesse tout le corps de l’Eglise, il empêche la vie, il conduit à la mort à la fois son auteur, mais aussi sa victime et son entourage. Il nous noie dans la mer du découragement, du cynisme, de la désespérance sur l’homme, sur les prêtres, sur l’Eglise…
C’est un portrait sombre que je vous dresse, une exigence trop forte, une culpabilisation traînante qui nous guette ?
Bonne nouvelle ! Evangile ! Nous avons expérimenté durant ces deux jours que nous ne sommes pas seuls, que nous pouvons former pour être des témoins plus authentiques et crédibles, que nous pouvons prier pour recevoir l’assistance de l’Esprit Saint, que nous pouvons compter sur des frères et des sœurs capables de m’écouter, de compatir à mes difficultés, de nommer mes charismes, de me compléter ou plutôt de construire avec moi le corps du Christ qu’est l’Eglise…
La mission, la cohérence de vie, le témoignage, je ne les vis pas seul mais épaulé, enrichi par celui ou celle qui est à côté de moi. Oh, bien sûr, je ne suis pas un idéaliste, je sais bien comment, en Eglise, nous pouvons nous vexer, nous blesser, nous rejeter, nous tuer même par des jugements, des regards, des paroles voire même parfois des gestes. Ce n’est pas pour rien que le Seigneur nous donne la recette magique qui nous aidera dans notre vie chrétienne : le pardon. A DEMANDER ! A DONNER !
Mais, pour avancer sur ce chemin du pardon, il faut la foi que demandent les disciples à Jésus. La force de la foi qui me pousse à dépasser mon orgueil ou ma susceptibilité, la force de la foi qui me pousse à reconnaître que mon frère, ma sœur est aussi en relation avec le Seigneur et qu’il/elle entend l’appel du Seigneur à pardonner, la force de la foi qui me pousse à vaincre le cancer de l’amertume et de la rancune.
En fait, il me faut la foi dans la force de l’arbre véritable, la croix du Seigneur Jésus, pour lui demander de se déplacer de la place habituelle où je l’ai déposée pour la planter dans mes lieux de mort, dans ceux de la société, dans nos mers intérieures et extérieures.
Oui, Seigneur, fais grandir en nous la foi dans la beauté, la vie, la puissance et l’amour de la croix du Sauveur Jésus. Amen !

https://www.dropbox.com/sh/fdv4kr3k4x4vkd8/AACG5x4sh6hZCwVONQhdT1Zba?dl=0