Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du 32ème dimanche du temps ordinaire

32ème dimanche du temps ordinaire
La résurrection, est-ce déjà pour aujourd’hui ou seulement pour après ? Nous avons fait mémoire, il y a un peu plus d’une semaine, de nos défunts. Les imaginons-nous dans une réalité qui nous échappe complètement ou nous est-il donné de faire l’expérience que nous sommes en communion avec eux, que nous partageons une même vie par-delà la séparation physique ? L’Evangile nous affirme par la bouche de Jésus que la résurrection n’est pas uniquement la condition que partagent Abraham, Isaac et Jacob mais aussi celle de ceux qui encore sur terre se comportent comme des membres du monde à venir. Dieu n’est pas celui des mortels mais des vivants, qu’ils soient déjà passés par la mort ou qu’ils soient, comme nous le sommes, appelés à être pour le moment en séjour ici-bas. Ce qu’est la résurrection demeure pour nous un mystère : ce qui nous est demandé n’est pas de vouloir réaliser ce qu’elle est pour y croire mais de faire le choix de vivre et de chercher pour notre existence ce qui peut la maintenir en vie. Ce qui est clair, c’est que le souffle que nous avons reçu à la naissance demeure fragile et que l’espérance de vie terrestre malgré pourtant les progrès de la science et les recherches actuelles d’immortalité se heurte à des limites : nous sommes loin d’être égaux devant la durée de l’existence et des accidents, des évènements peuvent être cause d’élimination précoce. Faire confiance à la seule maîtrise humaine pour ne pas arrêter de vivre ne me semble pas forcément fiable. C’est vrai certains peuvent prendre le parti d’accepter qu’il faut tout simplement accueillir ce temps terrestre avec ce qu’il propose d’expérience, de relations avec ceux qui partagent votre sort, de vie de couple, en famille, en société. Et puis qu’un jour cela se termine : point final ! Vivre ne serait que le fait du hasard avant un retour au néant. Mais il y a peut-être d’autres chemins dans le choix de vivre.
Celui par exemple qui nous est proposé par Jésus quand il nous parle des enfants de la résurrection et nous invite à vivre autrement avec une réflexion qui ne peut que nous surprendre « Ceux qui croient en la résurrection des morts ne prennent ni femme, ni mari car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges ». S’agit-il lorsque nous sommes croyants dans la résurrection de devenir comme des moines se retirant de la vie du monde où l’on prend femme et mari ? Non, dans un tel cas, nous serions bien nombreux à être disqualifiés pour participer à la résurrection. Ce qui nous est indiqué dans les propos de Jésus c’est que déjà dans ce qui est notre choix de comment vivre sur cette terre : se marier ou non, devenir parents ou non, rester célibataires ou se mettre en couple autre que sous le mode habituel homme-femme. Ce qui nous est indiqué par Jésus c’est que, dans ce qui est notre état de vie quel qu’il soit, doit entrer la dimension de la résurrection. Bien sûr qu’il est bon de partager de l’affection, de connaître des sentiments amoureux, de faire l’expérience d’amitiés solides, qu’il est bon et positif d’aimer et de savoir aimé. Mais comment vivre ces attachements humains en les amarrant à une communion que ne peut pas défaire la séparation physique ? Ne serait-il pas possible de rester en relation avec quelqu’un que l’on aime alors qu’il ne peut plus être présent ? Ne partagerions-nous pas avec nos chers disparus quelques choses qui nous est commun ici-bas comme de l’autre côté ? L’amour est l’avenir dans sa perfection mais il est déjà présent et c’est ce qui donne du sens à notre existence sur la terre. En cela nous reconnaissons que nous sommes des enfants de l’amour de Dieu et que nous sommes des enfants de la résurrection. N’y aurait-il pas dans cette adhésion appuyée sur Jésus, qui donne sa vie sur la terre sans la perdre par la mort, une Bonne Nouvelle pour les enfants du monde qui s’accrochent à du provisoire et se démènent pour tenter de prolonger indéfiniment leur existence. A nous d’être des témoins actifs et joyeux que la vie que nous apprécions n’a pas de fin du moment que l’on aime.