Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du 1er dimanche de l’Avent

1​er​ dimanche de l’Avent année A

« C’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra ». Jésus est bien venu un jour du temps et en un lieu de la terre et c’est l’anniversaire de sa naissance que nous nous préparons à fêter à Noël. Mais nous préparer à l’accueillir, c’est autre chose : le Sauveur ne va pas débarquer dans nos existences le 24 décembre à minuit. Dans la foi demeure toujours l’effet de surprise. Nous ne sommes pas vraiment croyants tant que nous prétendons savoir à quoi nous attendre. Pas de doute pour nous que le Sauveur est venu en la personne de Jésus mais quel est-il vraiment ce Sauveur ? Cela nous échappe encore et continuera de nous échapper à l’instar de toute relation que nous avons avec un autre. Ce qu’est Jésus au plus intense de son être de Fils de l’homme ne nous est pas connu. Croire en lui c’est toujours nous laisser surprendre. Et quand on affirme qu’il est le sauveur du monde de quel salut s’agit-il ? La réflexion, la pensée ne suffisent pas à donner la réponse. S’il s’agit de rencontrer Dieu, nous ne savons pas pour autant la teneur de cette rencontre. Elle demeure inattendue : nous n’en avons pas fini d’être surpris. Eh bien, elle est là la note de l’Avent. Nous ne sommes pas simplement dans une période avant Noël avec un "a". Nous sommes dans le temps de l’inattendu. Le Sauveur vient dans nos vies. Il advient et son avènement, son Avent avec un « e », est à découvrir, à reconnaître avec étonnement. Il vient chaque instant de notre existence terrestre. Il est là en moi, en chacun et chacune de nous. Il est ici dans notre rassemblement. La surprise s’est sa présence partout et toujours. Présence qu’il nous arrive d’oublier ou que nous avons bien de la peine certains jours à réaliser parce que nous sommes dans la souffrance, dans la douleur, dans le chagrin. Essayons de mettre à profit cette attention portée à Dieu qui vient, en ce temps de l’Avent pour revivifier notre conscience et notre confiance. Entendons les exhortations de l’apôtre Paul aux chrétiens de Rome que nous avions
dans la 2​ème lecture : « l’heure est venue de sortir de votre sommeil. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons nous des armes de la lumière ». Si nous nous motivons à oser courir le risque qui entraîne le parti pris de la rencontre et la volonté de partage, le salut alors commence à s’approcher de nous, la nuit touche à sa fin et la surprise de rencontrer Dieu nous attend. Quelles attentions délicates allons-nous manifester telles ces cartes de vœux adressées à des résidents de maison de retraite, tel un calendrier de l’Avent confectionné et à ouvrir avec des fenêtres de bienveillance, des initiatives de caté et d’aumônerie qui nous invitent à tous poser, quelque soit notre génération, des actes de tendresse dans un environnement agressif, une ambiance de violence, une indifférence égoïste ?
Nous-mêmes sommes marqués par une certaine lâcheté, fragilisés par la non évidence qu’un monde meilleur advienne et il arrive que le doute sur l’avènement d’un sauveur affleure à notre esprit. Où est passé Dieu alors qu’il y a des attentats, des guerres, de l’insécurité, des maladies, des morts injustes… ? Et si ces questionnements, ces doutes, ces fragilités pouvaient devenir l’audace de l’espérance. De la crèche au crucifiement, Jésus a connu les nuits de la terre mais il n’a cessé de se confier à l’inattendu, l’invisible d’une présence. Il a toujours guetté la surprise de l’avènement du salut. A nous d’oser faire confiance à ce Fils de l’homme. Avec lui, en allant à sa recherche, quel risque prenons-nous autre que celui d’être sauvés ?
Offrons-nous par des gestes de partage. Ouvrons-nous à la nouveauté de chaque rencontre, chaque fois nouvelle et nous nous disposerons à accueillir l’inattendu de Dieu qui vient. Bon Avent.