Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du 26 janvier 2020

3ème dimanche du temps ordinaire année A

« Le Royaume des cieux est tout proche » Dans quel cadre Jésus proclame-t-il une si Bonne Nouvelle ? Non pas dans la Judée des juifs fidèles à venir prier au temple de Jérusalem mais dans la Galilée des nations, carrefour où la population est mêlée et où fourmille nombre de païens. Et quelle invitation Jésus lance-t-il : « convertissez-vous », ce qui ne veut pas dire dans sa bouche « adhérez à la religion juive » mais « tournez-vous vers la Parole de Dieu » de laquelle témoignent les prophètes tel Isaïe que Jésus reprend d’ailleurs dans sa prédication. La Bonne Nouvelle est que « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi ». Elle est là toutes proche la Bonne Nouvelle : Dieu s’est approché des hommes en la personne de Jésus. Jésus le Verbe fait chair. Désormais la Parole de Dieu c’est quelqu’un, celui qui appelle Pierre, André, Jacques et Jean à le suivre et qui, une fois parti de la terre, boostera Paul saisi sur le chemin de Damas et qui comprendra alors qu’il est envoyé par le Christ pour annoncer l’Evangile, c’est-à-dire le fait que Dieu en Jésus a tenu parole. Il est bon de nous attarder à cette considération que Dieu tient parole, qu’il s’adresse encore aujourd’hui aux hommes et qu’il se laisse entendre à nous, qui nous faisons les disciples de Jésus, pour que nous en portions témoignage dans le monde de ce temps. Telle est bien le désir de notre Pape François qui a décidé en septembre dernier de faire du 3ème dimanche du temps ordinaire, chaque année, le dimanche de la Parole de Dieu. Nous avons fait des progrès dans l’écoute de cette Parole, déjà en l’entendant dans notre propre langue, dans ce que l’on appelle la liturgie de la Parole à la messe. Également, par exemple, dans les célébrations pénitentielles, nous sommes invités à nous interroger sur la place de la Parole de Dieu dans nos journées. Même que le rituel du sacrement du Pardon demande de se présenter au prêtre en ayant choisi un passage de la Parole de Dieu dans la Bible. Ce qui laisse entendre que se confesser c’est essentiellement se mettre à l’écoute de Dieu qui ne parle pas pour nous faire des reproches mais pour nous répéter à l’envi que c’est vrai qu’il nous aime. La Parole de Dieu c’est son cœur qui parle. Puissions-nous en être fermement convaincus. Ce n’est pas rien d’oser croire que Dieu nous parle. Et n’argumentons pas trop rapidement qu’il nous manque d’être initiés au langage de la Bible. Ce n’est pas faux mais entendons Jésus nous déclarer dans une prière « je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché la révélation aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits » Dieu parle au cœur et c’est de la disposition de notre cœur que dépend l’écoute de sa Parole. Et lorsque l’on se donne à plusieurs du temps ensemble pour éclairer notre vie de la lumière de la Parole de Dieu, l’échange est d’autant plus riche qu’il est conscience et confiance d’une présence aimante : « là où 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Ce serait dommage de nous passer de ce temps de la Parole partagée comme nous la vivons en ce moment même. Ce serait dommage aussi de ne pas répondre à l’une ou l’autre des diverses propositions de partage de la Parole de Dieu qui nous sont faites dans la paroisse ou dans un cadre plus large. Il y a aussi des moyens par des lectures, par internet, par des modes d’expression de devenir des familiers de la Parole de Dieu bien vivante. Les temps de relecture qu’offrent les Mouvements d’Action Catholique, de spiritualité ou les groupes de prière sont des moments précieux pour reconnaître avec joie que Dieu ne cesse de vouloir entrer en dialogue, en conversation chaleureuse avec nous. Et toutes ces possibilités qui s’offrent à nous ne sont pas simplement des moyens en attendant le contact direct avec Dieu dans le ciel. Elles sont déjà le Royaume des cieux dont Jésus nous dit rappelez-vous qu’il est tout proche. Avons-nous envie vraiment de rencontrer Dieu, de vouloir qu’il nous combe ? Alors comment ne pas être impatients de commencer à en faire l’expérience dès maintenant ? Ce n’est pas évident mais cela vaut le coup d’être tenté. Pierre, l’apôtre, a eu des élans, des enthousiasmes mais aussi des creux, des reniements. Il a quand même persévéré et laissé la Parole de Dieu le provoquer : « Pierre, m’aimes-tu ? ». Paul, de son côté, a fini par avouer après avoir persécuté les premiers disciples de Jésus « Ma vie, c’est le Christ. »
Il n’est sans doute pas bien prudent de se laisser séduire par le témoignage de Jésus dans l’Evangile, on pourrait bien ne plus pouvoir s’en passer ! Mais prendre au mot Jésus et le suivre, croyez-moi, ce n’est que du bonheur. Pourquoi n’en serions-nous pas les uns et les autres, chacun dans son environnement et aussi tous ensemble les vivants et joyeux témoins !