Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du dimanche de la Pentecôte

Homélie de la Pentecôte

Je ne sais pas si nous avons bien fait de choisir de revenir à l’église car comme les apôtres au Cénacle l’Esprit vient sur nous pour nous pousser à sortir, à aller répandre son souffle son énergie sa paix partout autour de nous. Et même si par fragilité ou par précaution nous sommes restés dans nos maisons, la mission n’a jamais été suspendue. Depuis notre baptême, Jésus souffle sur nous : « recevez l’Esprit Saint, La Paix soit avec vous ». Nous n’avons pas pu, vu les circonstances, célébrer Pâques en communauté rassemblée. Mais tout ce temps de confinement notre relation au ressuscité a interrogé notre cœur. Sommes-nous intimement attachés au vivant tels que nous étions habitués à le proclamer chaque dimanche. En écho au comportement de Pierre, nous pouvions faire de belles déclarations : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » mais être beaucoup moins enthousiastes dans la vie de tous les jours surtout quand celle-ci en vient à être bousculée. Pierre m’aimes-tu vraiment ? Toi, moi, m’aimes-tu vraiment ? notre foi a été invitée à mûrir en recherche toujours plus amoureuse du vivant devenu dans la résurrection inaccessible à nos sens mais bien présent malgré l’absence du support des sacrements et de la communauté rassemblée. Notre foi s’est davantage identifiée à l’œuvre de l’Esprit insaisissable mais agissant à travers les élans qui nous ont portés vers les autres en imaginant d’autres formes de contact. Nous avons su parler d’autres langues que celles de la fréquentation physique. Et même aujourd’hui dans cette configuration de notre assemblée, nous sommes à distance mais pas distants pour autant et les espaces vides sont remplis de toutes ces personnes que nous portons dans notre cœur. C’est la Pentecôte. La présence réelle du Corps du Christ dans le pain de l’Eucharistie est bien davantage que le réalisme de la vie dans Jésus donnée jusqu’à la mort, elle est ce souffle d’amour qui nous consume qui met le feu à notre cœur et nous fait devenir des êtres de partage et de rencontre. Et alors la présence réelle du Corps du Christ se rend visible par la manifestation de barrières qui n’en sont plus. La communion des cœurs n’est pas arrêtée par des mesures de confinement, des langues qui nous sont étrangères des hiérarchies sociales, des différences de culture, des handicaps, des frontières. L’Eglise est universelle ou alors elle n’est pas celle de la Pentecôte. Qu’il y ait des sensibilités variées, comme il s’en manifeste en ce moment sur la réouverture des lieux de culte, ne doit pas nous faire diverger de la mission qui nous est confiée avec l’envoi de l’Esprit. Réécoutons l’apôtre Paul dans sa 1ère lettre aux Corinthiens : « les dons de la grâce sont variés mais c’est le même Esprit. Les services sont variés mais c’est le même Seigneur. A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien ». Le bien se donne à voir dans les attitudes que Paul décrit dans sa lettre aux Galates.
« Le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté. Confiance dans les autres, douceur et maîtrise de soi ».
O Seigneur, envoie ton Esprit qui nous renouvelle et renouvelle la face de la Terre.