Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du dimanche 20 juillet

Homélie du dimanche 20 juin
XVIème dimanche ordinaire, année B

Ils étaient partis avec juste une paire de sandales aux pieds sans tunique de rechange, sans argent dans la bourse, confiants dans la rencontre. Ils avaient été envoyés partager le grand trésor de leur vie : la rencontre de Jésus de Nazareth. Une rencontre qui vous change la vie et vous conduit sur un chemin nouveau, vers une conversion incessante car, avec Lui, nous découvrons que la vie spirituelle, le royaume de Dieu est tout proche de nous.

Ils étaient partis libres de tout bien matériel pour ne pas être encombrés dans leur esprit ou dans leur cœur car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Leur trésor, c’était Jésus, leur cœur était avec Jésus. Un trésor, c’est fait pour être partagé, dépensé à moins de devenir un pirate comme Long John Silver et de l’enfouir sur une île mystérieuse ou un Grippe-sou comme Picsou et de l’enfermer dans un coffre-fort.
Mais ce qui est à partager, à offrir peut ne pas être reçu. Un cœur mauvais, habitué au mal ne peut pas accueillir la bonté, la beauté, la pureté, la générosité, la gratuité. Il va répondre au don par le soupçon, la médisance, la calomnie qui vont devenir comme de la poussière qui colle aux pieds et les salit.

Cette saleté, Jésus avait demandé à ses apôtres de la secouer pour éviter que le mal pensé dit ou fait par le prochain ne s’attache à nous et nous empêche d’avancer, propres, …
Ils étaient partis et avaient vécu cela. Oh ! Pas parfaitement car leur humanité, leurs faiblesses, leur caractère, leurs péchés les accompagnaient. Le missionnaire, l’apôtre, est toujours comme une poterie sans valeur contenant un trésor, mais ni la conscience de leurs limites, ni la possibilité de ne pas être accueillis les avaient freiné car Jésus les avait envoyés !

Et les voilà qui reviennent ! Les voilà qui relatent leur expérience : les belles rencontres, les amitiés nouées, les discussions exaltantes où la Parole permet d’entrevoir un monde plus beau, les soins apportés aux malades de la solitude par une visite, un sourire, la présence compatissante auprès d’un agonisant, la consolation d’endeuillés par une main chastement posée sur une épaule sans rien dire, l’humilité d’un service rendu, la joie d’un jeu partagé avec un enfant, la paix d’une contemplation de l’œuvre de Dieu dans sa Création, la quiétude d’un verset de l’Ecriture médité.

Mais aussi des échecs à Bethsaïde, à Chorazin, des villes voisines, où l’on attendait une qualité d’accueil que l’on n’a pas eu. Des déceptions, de la fatigue aussi…

Jésus écoute. Il se tait. Il aime se taire. Il aime nous écouter parler… Mais pas parler pour ne rien dire. Non ! Il aime quand nous Lui partageons vraiment toute notre vie. Le problème, c’est qu’autour de Lui et de nous, il y a du bruit, des mouvements, des va et vient incessants, un rythme de vie trépidant. L’on n’a même pas le temps de manger… Alors résonnent ces mots merveilleux pour ce temps de vacances :
Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu.

Le repos auquel Jésus nous convie cet été ne peut être un prétexte à de l’égoïsme, de l’hédonisme, de l’individualisme. Le repos, il est pour nous permettre d’être -comme le Christ- davantage saisi de compassion devant la foule de gens qui nous entourent et qui sont comme des brebis sans berger. Nous faisons peut-être partie de ces brebis. Je suis peut-être envoyé à ces brebis. Quelle que soit ma situation, qu’en ce temps estival, je puisse m’unir à la prière du psalmiste : Seigneur Jésus, Tu es mon berger, là où Tu me conduis, rien ne saurait me manquer.