Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du dimanche 8 octobre 2017

Il y a déjà quelques jours que les vendanges sont terminées dans notre région nantaise. Mais avec l’Evangile de ce dimanche, nous sommes encore dans la vigne tout comme les deux derniers dimanches. La vigne est une image biblique fréquente pour désigner par exemple dans Isaïe. Nous l’entendions dans la 1ère lecture : « la vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. » Et la vigne est vue tantôt pour son fruit et tantôt pour un domaine à travailler. La vigne peut nous représenter nous les humains à qui Dieu offre les vendanges de l’amour et propose de boire le vin dans des noces éternelles. La vigne, c’est aussi la tâche à accomplir chacun avec ses moyens et sa bonne volonté pour être des sarments porteurs de fruit. Ainsi, résonnent pour nous d’autres textes d’Evangile qui ceux entendus tous ces dimanches dans Saint Matthieu. Celles que Jean met dans la bouche de Jésus : « Moi, je suis la vigne et vous, les sarments… ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit. » Comme bien ; il ne nous revient pas de sauver le monde : c’est accompli par l’amour de Jésus passé par le pressoir de la Croix et le vin de la messe en porte le signe, le signe que le sang versé par Jésus est le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle. Mais Jésus veut nous associer déjà à la joie de faire les vendages et de pouvoir apprécier le vin nouveau qui va s’embonnir en vin des noces dans le Royaume. « Tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître (à vous)… C’est moi qui vous ai choisis pour être mes amis et je vous ai choisis pour que vous alliez et que vous donniez du fruit : pour nous les disciples de Jésus le thème de la vigne permet de féler ? des images qui décrivent la véritable destinée de l’humanité et les comportements à trouver et à pratiquer pour y parvenir. Nous sommes la vigne du Seigneur de l’univers. Le domaine de Dieu t de son projet : que nous devenions les invités à jamais du Royaume de l’amour qui nous soyons à jamais le Corps du Christ : lui, le cep et nous les serments. L’Evangile de de dimanche se conclut avec l’image d’une construction qui n’est pas en dehors du contexte de chantier qu’est la vigne. Bâtir le Royaume ne peut pas de faire autrement qu’en s’appuyant sur la pierre d’angle qu’est Jésus, le fils du propriétaire de la vigne qui après les serviteurs envoyés par le maître est battu et tué rejeté par ceux qui voudraient s’approprier ce qui ne leur appartient pas. Il ne nous appartient pas de nous attribuer le Royaume. Il nous est donné. Ne tombons pas dans la tentation stérile de pouvoir faire nous-même notre bonheur ou encore en prétendant comme croyants en Jésus que notre Eglise c’est le Royaume. Si nous sommes des pratiquants réguliers, si nous appartenons à tel groupe de prière, tel mouvement d’action catholique, tel courant charismatique, gardons-nous de penser que notre engagement est l’idéal. Nous avons souvent de la peine à nous reconnaître entre sensibilités différentes et le danger toujours nous guette de vouloir que les autres nous rejoignent nous et notre sentiment, nos convictions qui ne peuvent être que les meilleures. Le Royaume de Dieu ce n’est pas notre propriété. Ces temps-ci à Nantes ce sont les journées Luther dans le cadre du 500ème anniversaire de la fondation de la Réforme protestante. L’évoquer c’est constater que les disciples du même Jésus soit encore divisés et ne pas vouloir laisser entendre que par exemple l’Eglise Catholique serait le Royaume de Dieu. Non, il est à venir et aucune Eglise ne peut prétendre y être parfaitement adapté. Le Royaume de Dieu n’est pas arrivé mais s’il vient et toute initiative de rapprochement entre frères chrétiennes et tout encouragement à vivre en communauté y prépare. Ne prenons pas prétexte de ce que je viens de souligner pour ne pas chercher à faire advenir le Royaume de Dieu. Quels engagements des jeunes de notre paroisse ont-ils pris en recevant la confirmation sinon d’avancer vers une fraternité inspirée par l’Esprit d’Amour qui est celui du Royaume ? Des propositions nous sont faites en début d’une année paroissiale, des appels vont continuer d’être lancés pour rejoindre un groupe, une équipe, un mouvement. Quels sont les lieux, quelles sont les occasions que nous saisissons où nous acceptons de rejoindre au désir de communion qui ouvre au Royaume qui nous ressembleras ?
Et notre prière pour l’avenir du monde, au cœur d’une actualité qui nous inquiète, resonne-t-elle en notes d’espérance.
« Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger Dieu appelle maintenant pour sa récolte.
Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger Dieu appelle maintenant ses ouvriers ».