Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du 26ème dimanche du temps ordinaire C

Dimanche dernier les textes nous enseignaient sur l’usage chrétien de l’argent. Car l’amour de l’argent durcit le cœur de l’homme, le ferme à la peine des autres et lui souvent commettre des injustices, dont les pauvres sont toujours les victimes.
Les textes de ce dimanche nous en donnent une bonne illustration.
Amos vit dans un milieu qui est entrain de subir d’importantes transformations. Après avoir traversé le désert, Israël se sédentarise. Il perd progressivement les valeurs de la sobriété, de solidarité et de simplicité qui caractérisent la vie des nomades et acquiert dans la sédentarisation la possibilité d’accumuler en quantité des biens matériels pour soi, ce qui se fait souvent au détriment des autres. C’est ainsi que l’écart se creuse entre riches et pauvres.
Amos le berger hirsute de Téquoa ne peut supporter le scandale de la recherche effrénée du confort de ces nouveaux riches des royaumes de Jérusalem et de Samarie, et cela au prix de tant de violences et d’injustices sociales. En actualisant les paroles du prophète et de Jésus, comment ne pas y voir la reproduction exacte du lamentable contraste de gratte-ciels et de bidonvilles, de zones résidentielles et de HLM, la concentration des richesses entre les mains d’un petit nombre, la misère d’une masse importante de pauvres, des riches qui deviennent de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres ? Alors que la richesse devrait augmenter et améliorer le bien-être de tous, elle ne fait que raviver l’égoïsme des riches qui amassent. Mes frères et sœurs, quelles sont les vrais dessous de la plupart de la présence des migrants dont c’est la journée mondiale aujourd’hui ? Oui, Amos fait le procès de tous ceux qui, profitant d’une situation économique favorable, vivent dans une opulence insolente, insensibles aux malheurs des autres. En effet, « la racine de tous les maux dont nous sommes victimes dans nos sociétés, n’est-ce pas l’amour de l’argent ? Et comme poursuit Jésus : « Pour s’y être adonnés, certains se sont égarés loin de la foi.( Ouvre mes mains….)
Dans l’Evangile, il est question de la parabole du riche et du pauvre Lazare .Deux vies diamétralement opposées : l’opulence et le luxe du riche sans nom puisqu’il peut s’identifier à chacun de nous, l’indigence et la misère de Lazare dont le nom signifie « Dieu aide », dont seul Dieu est le secours. En réalité, la richesse n’est pas mauvaise en soi, puisque Dieu en est la source et l’origine. Mais son usage sans foi et sans amour, détourne l’attention de l’essentiel, de ces valeurs de partage qui font passer des actes passagers et éphémères de ce monde dans l’éternité. Sans amour, la richesse enferme et mutile le cœur qui ne voit et ne sent pas la misère des autres.
Lors de son existence terrestre, ce riche ne voyait pas Lazare à sa porte, dans l’au-delà, il ne voit sur terre que ses cinq frères. Mais en réalité, les frères et sœurs du riche sont infiniment plus nombreux : ce sont toutes ces personnes que les richesses enferment dans leur cercle infernal, dans cet égoïsme d’accumulation qui tue la pitié et la foi. « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent… Et aujourd’hui, mieux que la voix de Moïse et des prophètes, ils disposent aussi de la voix du Christ répercutée par son Eglise dans son enseignement social, « qu’ils les écoutent. »
Oui, rien, en effet, ne convertir un cœur de pierre en un cœur de chair. Il nous faut donc écouter la Parole de Dieu avec les oreilles de notre cœur et ne pas attendre des apparitions, en nous laissant façonner de l’intérieur par la grâce de Dieu. Car le « oui » de la foi est une chose, mais il faut encore se résoudre à en témoigner dans les petits renoncements ou sacrifices pour consoler le visage souffrant du Christ dans les pauvres.
Chant : Ne mettons pas au défi le Seigneur, ouvrons nos cœurs à son amour.
R°/ Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.