Paroisse Carquefou-Suce-sur-Erdre

Homélie du 21 janvier 2018

3ème dimanche du temps ordinaire
« Le règne de Dieu est tout proche ! »
Comment cette annonce de Jésus, dès le début de sa proclamation de l’Evangile de Dieu, résonne-t-elle à nos oreilles ? Est-ce une allusion à la fin du monde, une allusion à laquelle on n’aime pas trop penser. Prolonger la vie sur la terre mobilise les recherches et les énergies des scientifiques et nous-mêmes ne sommes pas forcément trop pressés de voir la fin. De fait le passage de la lettre de Paul aux Corinthiens de ce dimanche a bien de la peine à nous séduire : « le temps est limité,…(ne vous investissez pas trop dans la vie terrestre, tout est transitoire)… il passe ce monde tel que nous le voyons ».
Nous avons pourtant eu récemment du plaisir à évoquer que le règne de Dieu est tout proche : en fêtant la naissance de Jésus à Noël. Nous nous sommes réjouis de la bonne nouvelle de la Crèche : Dieu est quelqu’un qui est venu à notre rencontre avec la promesse que son règne arrive. Quel écho en fait la célébration de l’anniversaire de l’enfant de Bethleem a-t-elle fait retentir dans notre foi de chrétien ? Trouvons-nous vraiment dans notre vie d’aujourd’hui comme une présence toujours prête à advenir. Car il est ici et maintenant le règne de Dieu, tout proche.
En ce dimanche, nous relevons à peine de l’émotion entrainée dans notre pays nantais par la publication d’une décision qui nous affecte différemment suivant notre appréciation. Eh bien le règne de Dieu est là tout proche pour nous si, au lieu de nous invectiver, nous nous rapprochons malgré nos divergences pour sauver l’essentiel qui est la vérité dans nos relations humaines, vérité qui est à toujours mieux nous aimer les uns les autres et à nous donner aux autres au-delà du raisonnable par le pardon offert et demandé.
Le règne de Dieu est tout proche pour nous quand nous laissons dans notre cœur une brèche ouverte où tout ce qui touche à l’humain nous émeut et nous mobilise pour le défendre. L’actualité dans notre partie du monde, dans notre pays, nous informe sur la situation des migrants, le malaise des gardiens de prison et les conditions des détenus, les états généraux de la bioéthique qui commencent, les assises de la citoyenneté à Rennes ce week-end. Les cris de la planète parviennent également à nos oreilles avec ces multitudes déplacées, ces victimes des violences de la nature mais aussi des hommes, ces persécutés pour leur religion. Et puis, il y a aussi des sourires, des situations heureuses, des initiatives de solidarité, des progrès du bien-être, des élans pour un mieux vivre ensemble, des enthousiasmes, des fêtes. En pleurant avec ceux qui pleurent, également en nous réjouissant des bonnes nouvelles, nous ressentons à l’intérieur de nous des vibrations humaines, une envie folle d’aimer et de se savoir aimé qui secoue nos adhérences à ce qui n’a pas d’avenir : des lamentations stériles, des plaisirs frelatés, des bonheurs artificiels, des relations éphémères. C’est un désir de vie nouvelle qui nous titille : il est là le règne de Dieu, tout proche. L’amour frappe à la porte.
Sommes-nous à sa recherche, à sa disposition. Allons sans cesse à la découverte du meilleur de l’humain qui est en nous. Convertissons-nous, tournons-nous vers la Bonne Nouvelle : Dieu est là où il y a de l’amour et c’est l’amour qui fait de nous des humains. Convertissons-nous et réalisons la mission qui nous est confiée à nous que Jésus a choisis pour être dans sa confidence que Dieu est Amour : « Venez à ma suite, je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ». C’est en étant des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des enfants selon le cœur de Dieu que nous remplirons notre mission, des êtres toujours plus humains à l’image de Dieu c’est-à-dire pétris d’amour et se laissant transfigurer par l’Esprit qui est en Dieu et qui vient sur nous, en nous. Etre chrétien c’est être profondément et authentiquement humain, disciple de Dieu qui s’est fait homme en Jésus et qui a passé sa vie sur la terre en faisant le bien.
Et ce n’est pas une raison parce que nous nous savons pécheurs, de penser que nous ne serions pas concernés par l’appel à devenir pêcheurs d’hommes. Au contraire, à cause de nos faiblesses, nos lâchetés, nos découragements, nos agressivités, nous avons hâte de sortir de situations qui nous désolent, nous voulons un monde plus beau, renouvelé. Alors nous qui avons la chance, la grâce, de croire que le règne de Dieu est déjà là, que le Royaume de l’amour est commencé, nous ne pouvons que chercher à entraîner nos frères humains qui ne connaissent pas le Dieu Amour dans la grande farandole d’une humanité plus aimante, plus humaine. Davantage que de répéter à nos frères les hommes que Dieu les aime tous, il nous faut vivre dans l’enthousiasme d’aimer et de se savoir aimé et c’est ainsi que nous pourrons et ferons ressentir une présence, la présence du règne de Dieu tout proche.
Elle est bien plus que naïve, mignonne, utopique, la définition qui se trouve dans un petit livre adressé aux enfants : « Parlez-nous de Jésus ».
Dis-moi Simon, dis-moi André, qu’est-ce que c’est qu’un pêcheur d’hommes ?
Un pêcheur d’hommes, c’est quelqu’un qui sait prendre les hommes et les sortir
de leur tristesse, de leur orgueil, de leur richesse, de leur méchanceté ou de leur ennui.
Alors d’accord ? On y va à la pêche des hommes.
A la pêche… avec Jésus. Motivons-nous : grands et petits, tous ensemble, ayons… la pêche !